À nouveau en novembre
muzeodrome #156 - S07E01
Bienvenue dans le numéro 156 de muzeodrome !
Je ne peux y croire, nous sommes à nouveau en novembre.
Il y a 6 ans, le 4 novembre 2019, muzeodrome publiait son premier numéro. Ce numéro 156 marque donc le début de la saison 7 de l’infolettre. L’occasion de faire un point.
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muzeodrome saison 7
Paris, le 4 novembre 2025 - Le numéro 156 de l’infolettre, que vous lisez en ce moment, aurait pu être le dernier. Depuis plus d’un an, j’avais pour souhait de publier une nouvelle infolettre consacrée à mes explorations des numériques alternatifs. Mais il me semblait impossible de mener ces deux projets parallèlement. Après réflexions, j’ai décidé fusionner ces projets et par conséquent de continuer la publication de muzeodrome.
Après une année assez chaotique avec seulement 6 numéros (du n°150 au n°155) , l’infolettre devrait se faire bien plus régulière.
Par ailleurs, il me semble incohérent de garder l’infolettre dans Substack au regard des évolutions de la plateforme états-unienne (évolutions malheureusement totalement prévisibles). L’infolettre va donc devoir trouver un autre “outil” pour sa diffusion (“outil” de préférence européen).
J’en profite pour vous ré-indiquer que les contenus de l’infolettre sont diffusés hors de Substack par le site web muzeodrome.fr. Hébergé en France par OVH et sans aucun traceur, ce site calme a pour objectifs de :
vous permettre de découvrir plus facilement les nombreux articles publiés dans l’infolettre au fil des années.
mettre en évidence les liens entre ces articles au travers de thèmes identifiés.
pouvoir plus facilement partager ces articles (un URL par article).
Actuellement, une de mes principales ambitions est de développer muzeodrome hors de ses existences en ligne. Depuis le mois d’octobre 2025, j’ai commencé à organiser des visites muzeodrome (les deux premières au Retrofutur Museum). Les mois qui viennent, je vais poursuivre ce développement hors ligne, au travers de mini-événements, d’ateliers et de publications. Je suis à l’écoute de toutes propositions dans ce sens.
En conséquence de ses différentes évolutions, voici la nouvelle définition de muzeodrome :
Indépendant, engagé et parfois décalé, muzeodrome est un micro-média et un atelier. Il explore les pratiques émergentes, les numériques alternatifs et les démarches prospectives à l’œuvre dans les musées, les expositions et au-delà.
Pour terminer ce bilan annuel, je vous rappelle que muzeodrome a besoin de vos soutiens pour continuer son chemin. Pour le soutenir, vous pouvez :
Partager ou recommander l’infolettre ou un de ses numéros (une action simple qui ne prend que quelques secondes).
Donner votre avis sur un numéro en le commentant 💬, en y répondant par mail, ou cliquant sur son 💜 (recevoir un mail me fait toujours extrêmement plaisir)
Visiter son espace Vinted (dans ce nouvel espace, je vends des livres issus des “désherbages” de ma bibliothèque - ces ventes financent en partie mon temps de travail sur les infolettres).
Me contacter pour une mission ou une intervention. (si vous avez les moyens et l’envie que l’on travaille ensemble, c’est aussi la meilleur option pour assurer l’avenir de muzeodrome).
→ Merci pour votre fidélité depuis 6 ans 🤗
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Au-delà des promesses
“Échec, raté, bide, fail, fiasco, déconfiture… le « flop » a de nombreux synonymes. Tant mieux, car il est si fréquent de rater qu’il faut avoir le choix du vocabulaire pour éviter la répétition. On estime que neuf innovations sur dix échouent et les raisons de la galère ne sont pas toujours évidentes !”
Extrait de la présentation de l’exposition temporaire Flops ?! au Muam (Musée de Arts et Métiers - Paris - du 14 octobre 2025 au 17 mai 2026)
Certains projets numériques d’institutions culturelles échouent aussi. Stratège et consultant numérique, Ash Mann dispose de 20 ans d’expérience. Pour le rapport Beyond the Promise, il a questionné 47 professionnels pour comprendre les causes et les modalités des échecs des projets numériques dans le secteur culturel, en gardant en tête ces deux questions: “Pourquoi cela continue-t-il de se produire?” et “Quelles leçons pouvons-nous en tirer?”.
Voici les trois conclusions principales de son rapport :
• Les causes des échecs sont rarement d’ordre technique, mais plutôt organisationnelles (manque de coordination, mauvaise planification, cloisonnement…)
• Les équipes des institutions culturelles sont souvent prises dans des cycles de livraisons sans réflexion (projets lancés sous pression, ressources insuffisantes, attentes floues…)
• De nombreux professionnels sont désireux de mieux faire, mais ils sont souvent freinés par des problèmes structurels (stratégies floues, soutiens incohérents de leurs dirigeant-e-s, crainte de l’échec…)
Ces conclusions validées par ma propre expérience professionnelle mettent en évidence l’importance de s’appuyer sur des stratégies numériques bien construites.
”Il n’existe pas de solution miracle, mais une approche plus réfléchie, stratégique et collaborative pourrait aider à briser le cercle vicieux des échecs.”
Beyond the Promise
Le rapport complet Beyond the Promise (disponible en version complète en PDF uniquement pour les abonné·e·s du site de Ash Mann) propose de nombreux verbatims ainsi que des recommandations pratiques.
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La question
Source : Benjamin Patterson — Questionnaire from Flux Year Box 2 (1968)
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Héros ou voleur ?
Dans le numéro précédent numéro de l’infolettre (le n°155), je vous parlais de l’ouverture du David Bowie Centre à Londres. Il existe des centaines d’anecdotes autour de l’artiste britannique. En voici une liée à un musée berlinois que j’aime particulièrement.
Dans la seconde moitié des années 1970, David Bowie s’installe à Berlin pour se reconstruire et se ressourcer. Et il n’est pas le seul, Iggy Pop y est aussi pour les mêmes raisons. Les deux hommes passent beaucoup de temps ensemble. Bowie travaille alors sur la conception et la réalisation des deux premiers albums solos de son ami américain.
En 1977, sortent The Idiot d’Iggy Pop et ensuite Heroes de David Bowie, deux albums dont les photos de couverture de facture très moderne pourraient trouver leur inspiration dans la même peinture. Cette peinture, qui date de 1917, figure dans les collections du Brücke-Museum (Berlin) et a pour auteur Erich Heckel (peintre co-fondateur du groupe d’artistes allemands expressionnistes Die Brücke) - son titre : Roquairol !
“Le seul art que j’étudierai jamais est celui que je peux voler“.
David Bowie dans un entretien au journal Playboy en 1976
(/via les blogs Rocking In the Norselands et Le Chat Perché)
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Lu, vu, entendu
Vous les avez peut-être ratées, muzeodrome a compilé ces informations et ressources pour vous :
Low-Tech | “Le Low-Tech Journal, c’est un mag papier écolo dédié aux technos douces, aux futurs désirables et à la frugalité. 40 pages, tous les 2 mois, pour apprendre à faire autrement - plus sobrement, lentement, convivialement -
Découvrez le mag sur lowtechjournal.fr”
Dictionnaire | L’artiste Filipe Vilas-Boas (voir muzeodrome n°57) est à la recherche de structures culturelles en France ou à l’étranger qui s’intéressent à la joie de la multiculturalité afin de poursuivre le développement du Fusionnaire, son dictionnaire participatif des langues fusionnées.
Émotions | “Depuis une dizaine d’années la recherche explore la complexité des émotions ressenties identifiées dans les expériences de visites. Le récent rapport d’étude produit par l’Ocim autour des émotions permet d’apporter un nouveau regard sur leur place dans les activités muséales en nommant et en situant ces dernières dans les pratiques professionnelles.” - Publié en septembre 2024, ce rapport a été réalisé par l’équipe Développement professionnel de l’Ocim (Ewa Maczek et Angèle Fourès).
Photomatons | Société états-unienne spécialisée dans la remise en service de vieux photomatons, Autophoto a ouvert le 11 octobre 2025 à New-York un espace, à la fois musée et galerie. “Dédié à l’art, à l’histoire et à la vie toujours active des photomatons (photobooths) vintage”, cet espace présente une collection tournante de machines restaurées et des expositions d’artistes qui travaillent sur le format photo “quatre poses”.
Déchets | Le musée ARCHÉA (Louvres, Val-d’Oise) propose du 15 mars au 16 novembre 2025 l’exposition “Ça en jette !” - Extrait de sa présentation : “[Les déchets] témoignent du mode de vie, des savoir-faire et de l’environnement de sociétés anciennes. Les dépotoirs, les puits ou bien encore les latrines révèlent souvent des surprises et sont une véritable mine de données pour les archéologues. Vaisselle cassée, résidus ou ratés de fabrication, restes de repas… rien n’est délaissé car chaque déchet raconte une histoire”.
Affiches | Les rues sont de gigantesques espaces d’exposition. Depuis 2021, les affiches monochrome du Grand Soulagement surgissent par deux sur les murs des villes françaises. “Remplacer le capitalisme par une bonne sieste” est la plus fameuse des double-affiches de ce “programme de relaxation politique à objectif tendrement insurrectionnel“ (programme conçu par Quentin Faucompré et Cyril Pedrosa). Un des derniers diptyques du Grand Soulagement affiche le slogan “Remplacer les data centers par des graines de courge”, slogan qui résonne avec les propositions de Désescalade numérique pour les Municipales 2026.
Sans Gafam | «Que se passerait-il si Trump ordonnait aux Gafam de cesser leurs services cloud à l’égard de nos gouvernements ?» - Dans une tribune publiée par « Le Monde », le directeur de recherche au CNRS David Monniaux souligne les dangers de la dépendance numérique européenne à l’égard des géants du Web, soumis à la législation américaine.
Déconnecter | “Créer en région des journées de rencontres professionnelles, conçues comme de véritables laboratoires d’échanges et de réflexion”, tel est l’objectif de CulturLab initié par Promuseum et la Fédération XPO. Le 20 novembre 2025, Culturlab organise une journée de rencontres au Musée Granet (Aix-en-Provence). J’aurais le plaisir d’y co-animer avec Bastien Portelli (chargé des projets numériques du Musée Granet) un workshop intitulé “Musée déconnecté : pourquoi ? comment ?“ → Pour connaitre le programme complet de cette journée et vous inscrire, c’est par ici.
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C’est (déjà) la fin de ce numéro 156. Avant de partir, n’oubliez pas de donner votre avis et à partager cette publication ;-)
A tout soudain ici et ailleurs,
o m e r
Je suis Omer Pesquer. J’accompagne depuis plus de 20 ans les organisations du secteur culturel dans leurs développements numériques (conseils, stratégies, AMO…). Face aux enjeux actuels, j’explore et mobilise d’ «autres numériques» - des numériques fertiles, conviviaux, sobres, robustes, souvent simples et parfois sauvages.
P.S.: Merci à Michel Kouklia, mon partenaire dans KMnOP, pour la relecture de ce numéro (et de tous les précédents).



Merci et bon anniversaire Muzeodrome !!