Rater mieux
muzeodrome #163 - S07E08 - Spécial Flops ?!
Bienvenue dans le numéro 163 de muzeodrome !
L’infolettre qui explore les numériques alternatifs, les pratiques divergentes et les démarches prospectives à l’œuvre dans les musées, les expositions et au-delà.
[La phrase « rater mieux »] apparaît cinq fois dans « Cap au pire », la nouvelle de Beckett de 1983. La première instance se présente ainsi : « Jamais rien d’autre. D’essayé. De raté. N’importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. »
Colin Marshall, Open Culture (déc. 2017) - Traduction FR par Meryem Yildiz
Ce numéro 163 de l’infolettre muzeodrome est principalement consacré à l’exposition Flops ?! - ”Essayer encore. Rater encore. Rater mieux.” est une des citations qui accompagne cette exposition.
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Flops ?!
Présentée du 14 octobre 2025 au 17 mai 2026 dans l’espace consacré aux expositions temporaires du MuAM (Musée des Arts et Métiers de Paris), Flops ?! “décortique les mécanismes de l’échec” pour “mieux comprendre ce qui a cloché !”
“On estime que neuf innovations sur dix échouent et les raisons de la galère ne sont pas toujours évidentes ! Alors, pourquoi une invention ne trouve-t-elle pas son chemin ? Quelles formes peut revêtir l’échec ? Quelles leçons peut-on en tirer ?”
(extrait de la présentation de l’exposition)
J’ai eu le plaisir de visiter cette exposition trois fois : lors de son vernissage en octobre 2025, lors d’une visite muzeodrome que j’ai co-organisée fin janvier 2026 (voir ci-dessous) et en avril avec mon fils (qui a illustré ce numéro de l’infolettre).
Le parcours de Flops ?! est découpé en quatre parties. La dernière “Mieux rater pour innover” souligne qu’avec le temps “certains flops se révèlent finalement des tops”.
“L’exposition explore des trajectoires de réussite inattendues : celle d’une bonne idée qui était trop en avance sur son temps, d’une technologie encore immature, ou d’un objet qui a vu son usage détourné… Bref, loin de se moquer des échecs, Flops ?! en propose une lecture bienveillante et met en lumière la nécessité d’oser et de rater, pour enfin innover.”
(extrait de la présentation de l’exposition)
Conçue par Snoop, la scénographie joyeuse, décalée et bricolée de Flops ?! mobilise le réemploi (les vitrines cloches), des matériaux recyclables et du carton (pour la présentation des objets et les assises notamment) → voir ici.
Certains des objets présentés proviennent de la fameuse collection du museum of failure ou de réalisations basées sur les dessins du “Catalogue d’objets introuvables” de Jacques Carelman (publié en 1969). Les objets techniques et documents sont issus des collections du MuAM et de prêts divers.
Flops ?! questionne notre rapport à l’innovation, aux objets techniques et à la réussite (voir la notule ci-dessous consacrée à notre dépendance au sentier). Depuis son ouverture, contre toute attente ou pas, elle est un grand succès (visiteurs, échos médiatiques…). Si vous ne l’avez pas encore visitée, il ne vous reste plus que quelques jours. L’exposition ferme ses portes le 17 mai 2026 et pour la clôturer joyeusement, le musée propose dix nocturnes de 18h à 21h du 5 au 9 mai puis du 12 au 16 mai 2026.
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Notes complémentaires :
Flops ?! est un fork de deux présentations précédentes : du festival “Les foirés” - Cité des sciences et de l’industrie, fin 2019 (voir muzeodrome n°4, 2019) et surtout de l’exposition “Flops ! Quand le design s’emmêle“ - Cité du Design de Saint-Étienne en 2021 (voir muzeodrome n°62, 2021).
L’affiche de l’exposition ne présente pas un objet issu des collections du musée mais une réalisation basée sur l’imagination farfelue de Jacques Carelman : le “tandem convergent” - modèle pour fiancés (Carelman avait aussi dessiné un “tandem divergent”, cette fois pour les couples en instance de divorce).
Dans le cadre de l’exposition, le second étage du musée accueille la série de création “The uncomfortable“ de l’artiste et architecte Katerina Kamprani.
D’ici 10 ou 20 ans le musée pourrait en proposer une suite, une nouvelle exposition qui remettrait en jeu les questionnements et choix de l’exposition présentée en 2025/2026. Surtout que dans sa toute dernière partie, Flops ?! propose aux visiteuses et visiteurs de voter, au travers d’un dispositif numérique, pour la réussite ou pas de certaines innovations (le smartphone modulaire, le boxer thermique stérilisateur, l’airbag pour hanche, la voiture autonome…).
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Retours de Flops
Le vendredi 23 janvier 2026, j’ai co-organisé avec le MuAM (Musées des Arts et Métiers de Paris) une visite muzeodrome dans l’exposition Flops ?! .
Nous étions une quinzaine à être présent ce soir là et nous avons eu le privilège de bénéficier d’une visite de plus de 90 minutes conduite par les deux chef·e·s de projet de l’exposition : Marjolaine Schuch & Jean-Baptiste Taisne.
“Menée par des conservateurs passionnés, la visite a eu un côté très famille, qui permettait des échanges faciles, le partage de savoirs, d’anecdotes, et une circulation fluide entre chacun. Cette visite d’exposition a été l’occasion d’apprendre et de rire, de partager des regards complices ou interrogateurs.” Agathe
“C’était vraiment un privilège d’avoir droit à une visite guidée. Les explications de nos guides étaient passionnantes et éclairaient à la fois les objets exposés et la conception de l’exposition. Je n’aurais jamais deviné que tout le mobilier avait été fabriqué à partir de matériaux de récupération s’ils ne l’avaient pas signalé !”
Martin
“Super visite, les deux guides nous ont fait rentré dans les coulisses de l’expo et ont pris le temps de nous montrer la quasi intégralité du contenu tout en répondant aux questions. J’avais peur de l’affluence mais ça s’est très bien passé. J’adore savoir comment on monte une expo, les choix, d’où viennent les œuvres, les choix scénographie, les difficultés aussi. Le contenu était propice aux nombreuses anecdotes, j’ai adoré ces éclairages.” Simon
“L’intérêt principal était bien évidemment la présentation de la muséographie. Pourquoi avoir sélectionné telle ou telle pièce (notamment des pièces qui ne sont pas connues pour être des flops), pourquoi cette pièce n’est qu’une photo de l’élément réel (la rareté extrême du produit qui a fait un flop et que les collectionneurs s’arrachent!), pourquoi avoir agencé les salles de cette façon (pour pouvoir se “détendre” avec des créations loufoques, pour réexplorer des flops qui ont rebondi plus tard), etc. Ce sont des éléments qui m’auraient certainement échappé en partie.” Raphaël
Plusieurs projets / objets / moments ont marqué les participant·e·s de cette visite :
“La plus grosse surprise pour moi a été Aramis, le projet de la RATP d’un tram autonome et modulaire dont j’ignorais totalement l’existence…” Martin
“J’ai bien aimé l’extrême variété des flops, des plus tragiques (la catastrophe de Challenger) aux plus comiques (les lasagnes Colgate), des plus ambitieux (Aramis) aux plus insignifiants (le ketchup vert), des plus prévisibles (le t-shirt qui ressemble accidentellement à une tenue de déporté) aux plus inattendus (gadgets technologiques qui auraient pu réussir avec un meilleur marketing), etc.” Raphaël
“Beaucoup aimé la place donné à Jacques Caremaln et son poétique Catalogue des objets introuvables.” Laurent
“La partie ‘visioconférence’” Beatrice - “Le moteur Wankel ” Tam kien & Edmundo
“J’ai apprécié le sens de la dérision de Philippe Starck, parrain de l’exposition et qui a prêté une de ses propres créations (une bouilloire inutilisable…).” Martin
“L’intervention vers la fin d’un visiteur savant en la matière et qui a apporté des éléments intéressants... Ce moment inattendu a été le révélateur de la bonne intelligence de cette visite.” Antoine
La qualité de la scénographie a été aussi souligné par les participantes :
“Globalement j’ai été impressionné par la grande attention apportée à la scénographie. Le présentoir à deux faces, qui montrait d’abord les flops puis les évolutions qu’ils avaient permises, était particulièrement réussi.” Martin
“Originalité des approches, simplicité du parcours, et scéno, tout est cohérent.” Laurence
“Belle exposition à faible impact carbone et très bien présentée.” Béatrice
En conclusion :
”La notion d’échec est abordée avec une grande bienveillance et non pas ironie. Cela permet de replacer ces ‘flops’ à leur juste place, en tant qu’étapes de l’innovation et pas se limiter à une finalité d’échec.” Chloé
Merci aux participant·e·s. Un grand merci au MuAM, particulièrement à Marjolaine Schuch et Jean-Baptiste Taisne ainsi qu’à Anaïs Raynaud qui a rendu cette visite possible.
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Flops, le livre
“Flops ?! est dédiée à la mémoire de Nicolas Nova (1977-2024), sociologue et anthropologue dont les thèses ont fondé le propos de l’exposition.”
MuAM
En 2011, Nicolas Nova publiait “Les flops technologiques” chez FYP Éditions. Sous titré “comprendre les échecs pour innover“, ce court ouvrage plein de réflexions et de pistes captivantes était particulièrement consacré aux échecs récurrents.
“Vouloir coller absolument aux tendances de l’époque, ne pas chercher des concepts différenciateurs, c’est prendre le risque de bâtir des châteaux en Espagne. Des technologies perpétuellement annoncées telles que le livre électronique ou les robots humanoïdes en sont des exemples flagrants. Le point de départ devient alors la fin à poursuivre et les usages ne suivent pas nécessairement. Les projets qui réussissent sont ceux qui sortent de ce cercle vicieux et proposent des logiques différentes et originales.” (Nicolas Nova, Les flops technologiques, p. 69)
La conclusion de l’ouvrage avait pour titre “dédramatiser les échecs : vers une culture de l’erreur”.
“Un enjeu parallèle dans les organisations concerne également le manque de capitalisation des connaissances liées aux échecs et donc à la mémoire de l’entreprise. Le fait de ne pas revenir sur les revers ou de ne pas documenter les causes potentielles, les conséquences vécues et la recherche de solutions risque de mener à la constante réinvention de la roue... et donc à la perpétuation de ces flops technologiques. Chaque prototype ou produit en échec devrait ainsi pouvoir être décrit en incluant à la fois des perspectives individuelles et collectives. C’est certainement un travail douloureux mais qu’il est nécessaire de mettre en place.” (Nicolas Nova, Les flops technologiques, p. 152)
J’ai longtemps imaginé qu’une réédition revue et mise à jour des “flops technologiques” serait possible. J’avais posé la question à Nicolas Nova mais celui-ci travaillait sur de nombreux projets et il avait tourné son esprit curieux vers d’autres sujets.
Note : je profite pour ré-indiquer ici à quel point la disparition soudaine de Nicolas Nova à l’âge de 47 ans a été un choc.
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Notre dépendance au sentier
“On dit souvent qu’une innovation est une invention qui a trouvé son marché. Mais c’est rarement le fait du hasard. Quelques conditions sont souvent nécessaires pour qu’un projet réussisse. Certaines sont faciles à identifier, par exemple l’adoption par le public. D’autres conditions sont plus diffuses, comme le temps nécessaire pour qu’une idée aboutisse.”
Extrait d’un cartel de l’exposition Flops ?! intitulé “Les sentiers de l’innovation”
Lors de mes visites de Flops ?!, je me suis demandé ce qui motivait personnellement et collectivement nos choix et nos abandons. Un des retours de la visite muzeodrome de l’exposition a amplifié mon questionnement :
“Il y a, il me semble, une forme de téléologie en négatif du flop sur ce qu’est une réussite. Je pense que cela se ressent, par exemple, concernant les claviers qui reproduisent le discours entendu sur le sujet, mais sans aller très loin dans les frictions de ce discours.”
Tam Kien
Un espace dans l’exposition permet à deux personnes de tester leurs vitesses de saisie d’un même texte : la première avec un clavier “Azerty” standard, la seconde avec un clavier “Bépo” (dans sa version TypeMatrix). Pour les habitués, il est possible de saisir bien plus vite et avec plus de confort avec le second clavier qu’avec le premier. Mais voila, nous sommes dépendants de nos apprentissages et de nos habitudes. Dans l’exposition, la personne qui utilise le clavier “Azerty” est presque toujours bien plus rapide que celle qui tapote sur le clavier “Bépo”.
Depuis le clavier “Azerty” (dérivé du clavier “Qwerty” états-unien qui est apparu en France à la fin du XIXe siècle) plusieurs autres dispositions de touches de clavier permettant une saisie plus efficiente ont vu le jour et pourtant nous continuons d’utiliser des claviers “Azerty”. Dans son article “Clio and the Economics of QWERTY”, publié en 1985, l’économiste états-unien Paul A. David l’expliquait par notre dépendance au sentier (dépendance au chemin emprunté - path dependence en anglais). Une dépendance qui nous conduit à “adopter des comportements dans le présent qui se trouvent conditionnés à des décisions et des événements appartenant au passé” (Lucas Verhelst in Géoconfluences, septembre 2025).
Aujourd’hui, je constate, et je ne suis pas le seul, que le sentier technologique dans lequel nous avançons devient de plus en plus critique et critiquable. Il faudrait sortir de celui-ci pour bifurquer ailleurs, et même “encore plus loin ailleurs” (comme le chante Hubert-Félix Thiéfaine). Mais il n’est pas aisé de quitter définitivement le chemin car la force de l’effet de verrouillage fait pression sur nous.
”L'effet de verrouillage, en tant que composante de la dépendance au sentier, désigne la propriété d'un système dynamique dont les modèles séquentiels d'activité forment un « sillon » dont il devient difficile ensuite pour le système de s'extraire ou de dévier. L'effet de verrouillage est aussi parfois appelé verrouillage socio-technique, une situation dans laquelle des choix ou événements historiques créent des mécanismes d'auto-renforcement rendant difficile ou coûteux le passage à d'autres options.”
Wikipédia
Alors que faire ? Justement l’expo Flops ?! nous donne de bonne pistes : tenter régulièrement des expériences divergentes (par exemple essayer pendant quelques temps un clavier Bépo), mobiliser ou détourner de vieux appareils (numériques ou pas), et s’interroger collectivement sur nos pratiques…
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Lu, vu, entendu ⚡
Vous les avez peut-être ratées, muzeodrome a compilé ces informations et ressources pour vous :
Bloquer | Dans l’article “Des visiteurs non-humains“ (muzeodrome n°#151), je vous signifiais que le trafic de bots est de plus en plus important dans le Web. Wikipédia, qui a fêté ses 25 ans en janvier, est en lutte frontale contre les bots qui siphonnent ses contenus. Les infrastructures techniques de Wikipédia/Wikimédia bloquent désormais plus de 2 milliards de visites de bots par jour - oui vous avez bien lu “par jour”. Pour en savoir plus, lire cet article en anglais publié par The diff, le blog communautaire par – et pour – le mouvement Wikimédia.
Sortir | Dans le cadre de la souveraineté numérique de l’état français, la direction interministérielle du numérique (DINUM) a annoncé début avril 2026 “sa sortie de Windows au profit de postes sous système d’exploitation Linux”. Dans la continuité de cet engagement, la DINUM va coordonner “un plan interministériel de réduction des dépendances extra-européennes. Chaque ministère (opérateurs inclus) sera tenu de formaliser son propre plan d’ici l’automne, portant sur les axes suivants : poste de travail, outils collaboratifs, anti-virus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation, équipements réseau…“. A noter que la grande majorité des dispositifs numériques de médiation muséale sont aujourd’hui dépendant de systèmes techniques de grandes sociétés états-uniennes (OS, services…). A suivre dans les mois qui viennent.
Tapoter | Dans le n°124 de muzeodrome, en mars 2023, je vous avais parlé des vidéos ASMR du Victoria and Albert Museum (V&A) de Londres. Depuis le musée a continué à en publier, il en présente aujourd’hui plus de 30 dont une où Natalie Kane, conservatrice du design numérique du musée, “manipule les touches d’un appareil rétro fascinant : le Minitel”. (vidéo publiée en janvier 2025 - indications complémentaires du musée).
Se comparer | Sous la forme d’un élégant site web (en anglais), ThanAverage est “une petite étude non scientifique sur la façon dont nous nous évaluons et nous comparons les uns aux autres”. Plus de 90 questions sont proposées par le site, après chaque choix vous pourrez vous comparer aux autres répondants - un exemple, la question 65 qui vous demande : “Utilisez-vous les réseaux sociaux plus que la moyenne ?“ (la suite dans le brève suivante).
Décélérer | Journaliste pour le média Le Temps, Grégoire Barbey s’intéresse particulièrement “à la manière dont les évolutions technologiques structurent nos organisations sociales et politiques”. Muzeodrome, vous recommande son podcast bimensuel “IA qu’à m’expliquer” et les articles qu’il publie dans son site personnel et son infolettre dont ‘Adieu, réseaux sociaux !’ (avril 2026) - publication où le journaliste suisse indique qu’il est rentré en résistance et qu’il a fait “le choix de la décélération”. Grégoire Barbey précise qu’“il y a des phénomènes qui prennent du temps, et cette durée ne peut pas être raccourcie, compressée ou contournée. L’accélération ne peut mener qu’au choc, à l’accident, à la rupture. Elle crée les conditions de la sidération, et nous rend vulnérables. La vitesse nous déracine et nous emporte.”
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Je vous souhaite à toutes et tous une bonne décélération.
A tout soudain ici ou ailleurs,
o m e r
Je suis Omer Pesquer. Hors des routes balisées et des imaginaires dominants, je sonde les autres numériques : des numériques fertiles, conviviaux, robustes, frugaux souvent joyeux et parfois même étranges. Autres numériques que je présente et mobilise lors d'interventions diverses : ateliers, conférences, publications, conseils, créations…
→ Mon nouveau site : psqr.fr.
P.S.: Merci à Michel Kouklia, mon partenaire dans KMnOP, pour la relecture de ce numéro.
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Merci d’avoir lu le numéro 163 de muzeodrome jusqu’à sa fin !
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Je vous trouve, si je puis me permettre et ceci dit sans trollage, bien dithyrambique pour une exposition qui justement comme y clame une des affiches est « mal fichue » : itinéraire illogique dans un espace bien trop restreint (ça bouchonne grave comme dirait l’autre car les gens s’arrêtent pour lire et c’est étroit pour dépassser), superficialité de traitement des sujets qui sont bien « catégorisés » par typologie de flop mais franchement c’est très peu creusé, la borne avec les flops oui/non est totalement idiote et semble fonctionner seule quoiqu’on réponde et ses réponses ne sont pas claires (« vous avez répondu comme 31% » : Ok, mais qui ont répondu bon ou faux ?), en matière de flops il y a de gros manques d’explications (coller des feuilles A4 verres illisibles pour « évoquer » c’est un peu facile), on projette des films sur des portes de secours et l’image est coupée en deux (c’est cher un écran ?), il y a de beaux manques récents (le traitement est très loin d’être exhaustif), l’exposition se répète (il y a des choses expliquées deux fois) J’ai eu l’impression d’une expo bricolée avec peu de moyens, mal pensée ou trop vite, dépassée par son succès, peu imaginative, peu pédagogique … bref d’un vrai gâchis car il y aurait de quoi en faire un musée entier en vérité.