Je vous trouve, si je puis me permettre et ceci dit sans trollage, bien dithyrambique pour une exposition qui justement comme y clame une des affiches est « mal fichue » : itinéraire illogique dans un espace bien trop restreint (ça bouchonne grave comme dirait l’autre car les gens s’arrêtent pour lire et c’est étroit pour dépassser), superficialité de traitement des sujets qui sont bien « catégorisés » par typologie de flop mais franchement c’est très peu creusé, la borne avec les flops oui/non est totalement idiote et semble fonctionner seule quoiqu’on réponde et ses réponses ne sont pas claires (« vous avez répondu comme 31% » : Ok, mais qui ont répondu bon ou faux ?), en matière de flops il y a de gros manques d’explications (coller des feuilles A4 verres illisibles pour « évoquer » c’est un peu facile), on projette des films sur des portes de secours et l’image est coupée en deux (c’est cher un écran ?), il y a de beaux manques récents (le traitement est très loin d’être exhaustif), l’exposition se répète (il y a des choses expliquées deux fois) J’ai eu l’impression d’une expo bricolée avec peu de moyens, mal pensée ou trop vite, dépassée par son succès, peu imaginative, peu pédagogique … bref d’un vrai gâchis car il y aurait de quoi en faire un musée entier en vérité.
Oui l'espace dédié aux expositions temporaires du MuAM est petit et cela bouchonne (comme dans toute exposition à succès). L'exposition est en deux temps - comme vous l'avez compris son propos est de montrer que certains "flops" peuvent devenir des "tops" d'où un effet miroir et de répétition. L'exposition est bricolée et de mon point de vue c'est une de ses qualités. La médiation textuelle prend les publics par la main avec des touches d'humour (l'expo est accessible pour des jeunes publics). Il a aussi des parties à destination de publics plus experts (Aramis...). Ce qu'il m'a manqué c'est un catalogue qui aurait pu creuser plus loin certaines dimensions avec des textes de chercheurs.
Pour le dispositif numérique qui demande à la fin de l'exposition si un objet ou un concept est un flop ou un top. Je l'ai vu comme une time-capsule (donc aujourd'hui, il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse).
Mon avis sur l'exposition se trouve dans la notule "Notre dépendance au sentier". Personnellement (avec ma vision expert et technocritique), je ne suis pas en accord avec tous les textes de médiation et choix effectués mais justement comme je l'écris plus haut, cette friction ouvre des portes et des questionnements. Là toute première est : c'est quoi finalement un flop ? (surtout si on opère un jugement sur un temps long).
Bref, nos visions sur Flops?! sont différentes, un peu comme celles de Glen Runciter et Joe Chip dans Ubik. Pour terminer, je suis bien d'accord avec vous, il y aurait de quoi faire un ou plusieurs musées sur ce sujet avec des expositions portées par des approches différents (féministes, décoloniales, non européennes/états-uniennes, handies, décroissantes, basses-technologies...)
Merci pour votre réponse. J'ai bien perçu la volonté que ce soit accessible au jeune public, mais souvent la disposition des vitrines, trop hautes, mal orientées n'était pas toujours idéales. Je dois y reconnaître en effet des réussites : Aramis, Bepo, le birotor... Le reste, je maintiens, est trop souvent simplement évoqué par une feuille A4 (par ex. de mémoire, l'aérotrain, certes avec Aramis ça faisait peut-être trop mais bon). Un exemple de mal fichu : sur le synthétiseur Roland, avec l'écouteur, on une info d'un côté, la seconde info de l'autre côté de la cloison en plexi (alors qu'on ne serait pas tenté de lire le second cartel en repassant). À observer le public, finalement, ce qu'il vont en retenir (mais tant mieux, mais ce n'était pas le but) outre Bepo c'est le catalogue des objets introuvables (et le spray contraceptif) (j'exagère à peine) ; catalogue des introuvables excellent mais très mis en scène et certes à sa place alors qu'il ressortit pourtant de façon marginale à mon avis dans le sujet dont c'est une autre approche par dérision (à cause de mon heure de visite en fin de journée, je n'ai pu voir le 2e étage, mais je connaissais le travail de cet artiste). J'ai été frustré par le panneau des ratés de la com'/marketing (par ex : Pieplu, il y a juste une photo, si on "n'a pas la ref" et ne voit pas la vidéo, ça ne dit rien) car il y a beaucoup à dire sur ce point par ex l'entreprise constante de volonté de persuasion/conversion forcée du public à une technologie, un des fléaux que l'on subit issus de la Silicon Valley face à la réalité des usages et besoins se heurtant au capitalisme, au marché qui cherchent à vous vendre toujours et n'importe quoi). Je n'ai pas vu aussi (conséquences du "sentier", ou d'un certain effet tunnel ?) par exemple explicitée la notion reproduction/réflexe homothétique, ("l'innovation incrémentale ratée") (ex : Google glass, Juicero, (alors qu'elle peut réussir : diligences> Pullmans) et c'est dommage. On peut pourtant l'expliquer très simplement et elle n'est pas anodine (parce que les cartels sont minces, le flop est ramené à l'os, à son côté spectaculaire en quelque sorte). De nombreux flops récents non traités me sont venus (les rames de train trop larges récemment par ex.)... Il y avait un croisement à faire entre les catégories de flops et les évolutions du marché selon les époques car ils me paraissent liés. Bref, cette expo est juste une bonne intro, car, je suis désolé de persister, elle m'a parue un peu superficielle. Je peux comprendre sans problème (et hélas) que l'ampleur du sujet et les moyens l'ont limitée. Le paradoxe est que je trouve cette expo mal fichue, qui se cherche (entre évocations et travaux d'artistes, entre sujets qui vous parlent seulement si vous les connaissiez déjà, et faiblesse sur des cas exemplaires qui auraient dû être creusés dans toutes les notions qu'ils lèvent), dépassée par son sujet, qui n'approfondit pas vraiment, et qui laisse sur sa faim, — et en même temps estimer qu'elle est en effet à voir car en effet, je suis bien d'accord, le sujet est crucial. Et comme vous dites il y a de quoi faire avec de nombreuses approches différentes pour bien des musées. Merci en tout cas pour votre numéro fouillé et pointu sur ce point.
Il y a beaucoup a discuter / montrer sur ce(s) sujet(s). Le rapport avec la fiction aussi - ce que montrait aussi très bien Nicolas Nova dans ses publications.
Le capitalisme et le marché sont centraux dans les jugements sur ce qu'est un flop ou pas. J'espère pour ma part que l'on va devenir plus "buissonnier" et apprécier les choses / objets techniques autrement (loin des idéologies de Silicon Valley). Il y a beaucoup à faire.
Au plaisir de discuter avec vous IRL (nous sommes je pense de la même génération - mon premier ordi était un ZX81 ;-)
Hélas ce serait avec plaisir mais je ne suis que très rarement à Paris ; j’ai profité de l’occasion samedi pour voir cette expo. Je ne vous apprendrai hélas aussi rien de plus que ce qu’a écrit Nicolas Nova. J’ai 63 ans. Il y a très longtemps, mais c’était hier, alors journaliste sur les sujets des débuts techno/numériques sociétaux, j’ai eu entre autres à tester le Newton d’Apple (et estimé tôt que ce serait un joli flop, mais il ne fallait pas être extralucide pour s’en douter cela étant), ou eu à écrire sur la stratégie incompréhensible de Kodak que là encore sans être devin on regardait s’autodétruire avec application, ou autres sujets évoqués dans l’exposition - et j’ai donc constaté une fois de plus dans cette expo à cette occasion à quel point le temps file, que tout se muséifie en un éclair et que nos vies sont toujours plus cadencées par les évolutions techniques dans cette accélération à la Hartmut Rosa.
Je vous trouve, si je puis me permettre et ceci dit sans trollage, bien dithyrambique pour une exposition qui justement comme y clame une des affiches est « mal fichue » : itinéraire illogique dans un espace bien trop restreint (ça bouchonne grave comme dirait l’autre car les gens s’arrêtent pour lire et c’est étroit pour dépassser), superficialité de traitement des sujets qui sont bien « catégorisés » par typologie de flop mais franchement c’est très peu creusé, la borne avec les flops oui/non est totalement idiote et semble fonctionner seule quoiqu’on réponde et ses réponses ne sont pas claires (« vous avez répondu comme 31% » : Ok, mais qui ont répondu bon ou faux ?), en matière de flops il y a de gros manques d’explications (coller des feuilles A4 verres illisibles pour « évoquer » c’est un peu facile), on projette des films sur des portes de secours et l’image est coupée en deux (c’est cher un écran ?), il y a de beaux manques récents (le traitement est très loin d’être exhaustif), l’exposition se répète (il y a des choses expliquées deux fois) J’ai eu l’impression d’une expo bricolée avec peu de moyens, mal pensée ou trop vite, dépassée par son succès, peu imaginative, peu pédagogique … bref d’un vrai gâchis car il y aurait de quoi en faire un musée entier en vérité.
Merci pour votre long commentaire.
Oui l'espace dédié aux expositions temporaires du MuAM est petit et cela bouchonne (comme dans toute exposition à succès). L'exposition est en deux temps - comme vous l'avez compris son propos est de montrer que certains "flops" peuvent devenir des "tops" d'où un effet miroir et de répétition. L'exposition est bricolée et de mon point de vue c'est une de ses qualités. La médiation textuelle prend les publics par la main avec des touches d'humour (l'expo est accessible pour des jeunes publics). Il a aussi des parties à destination de publics plus experts (Aramis...). Ce qu'il m'a manqué c'est un catalogue qui aurait pu creuser plus loin certaines dimensions avec des textes de chercheurs.
Pour le dispositif numérique qui demande à la fin de l'exposition si un objet ou un concept est un flop ou un top. Je l'ai vu comme une time-capsule (donc aujourd'hui, il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse).
Mon avis sur l'exposition se trouve dans la notule "Notre dépendance au sentier". Personnellement (avec ma vision expert et technocritique), je ne suis pas en accord avec tous les textes de médiation et choix effectués mais justement comme je l'écris plus haut, cette friction ouvre des portes et des questionnements. Là toute première est : c'est quoi finalement un flop ? (surtout si on opère un jugement sur un temps long).
Bref, nos visions sur Flops?! sont différentes, un peu comme celles de Glen Runciter et Joe Chip dans Ubik. Pour terminer, je suis bien d'accord avec vous, il y aurait de quoi faire un ou plusieurs musées sur ce sujet avec des expositions portées par des approches différents (féministes, décoloniales, non européennes/états-uniennes, handies, décroissantes, basses-technologies...)
Merci pour votre réponse. J'ai bien perçu la volonté que ce soit accessible au jeune public, mais souvent la disposition des vitrines, trop hautes, mal orientées n'était pas toujours idéales. Je dois y reconnaître en effet des réussites : Aramis, Bepo, le birotor... Le reste, je maintiens, est trop souvent simplement évoqué par une feuille A4 (par ex. de mémoire, l'aérotrain, certes avec Aramis ça faisait peut-être trop mais bon). Un exemple de mal fichu : sur le synthétiseur Roland, avec l'écouteur, on une info d'un côté, la seconde info de l'autre côté de la cloison en plexi (alors qu'on ne serait pas tenté de lire le second cartel en repassant). À observer le public, finalement, ce qu'il vont en retenir (mais tant mieux, mais ce n'était pas le but) outre Bepo c'est le catalogue des objets introuvables (et le spray contraceptif) (j'exagère à peine) ; catalogue des introuvables excellent mais très mis en scène et certes à sa place alors qu'il ressortit pourtant de façon marginale à mon avis dans le sujet dont c'est une autre approche par dérision (à cause de mon heure de visite en fin de journée, je n'ai pu voir le 2e étage, mais je connaissais le travail de cet artiste). J'ai été frustré par le panneau des ratés de la com'/marketing (par ex : Pieplu, il y a juste une photo, si on "n'a pas la ref" et ne voit pas la vidéo, ça ne dit rien) car il y a beaucoup à dire sur ce point par ex l'entreprise constante de volonté de persuasion/conversion forcée du public à une technologie, un des fléaux que l'on subit issus de la Silicon Valley face à la réalité des usages et besoins se heurtant au capitalisme, au marché qui cherchent à vous vendre toujours et n'importe quoi). Je n'ai pas vu aussi (conséquences du "sentier", ou d'un certain effet tunnel ?) par exemple explicitée la notion reproduction/réflexe homothétique, ("l'innovation incrémentale ratée") (ex : Google glass, Juicero, (alors qu'elle peut réussir : diligences> Pullmans) et c'est dommage. On peut pourtant l'expliquer très simplement et elle n'est pas anodine (parce que les cartels sont minces, le flop est ramené à l'os, à son côté spectaculaire en quelque sorte). De nombreux flops récents non traités me sont venus (les rames de train trop larges récemment par ex.)... Il y avait un croisement à faire entre les catégories de flops et les évolutions du marché selon les époques car ils me paraissent liés. Bref, cette expo est juste une bonne intro, car, je suis désolé de persister, elle m'a parue un peu superficielle. Je peux comprendre sans problème (et hélas) que l'ampleur du sujet et les moyens l'ont limitée. Le paradoxe est que je trouve cette expo mal fichue, qui se cherche (entre évocations et travaux d'artistes, entre sujets qui vous parlent seulement si vous les connaissiez déjà, et faiblesse sur des cas exemplaires qui auraient dû être creusés dans toutes les notions qu'ils lèvent), dépassée par son sujet, qui n'approfondit pas vraiment, et qui laisse sur sa faim, — et en même temps estimer qu'elle est en effet à voir car en effet, je suis bien d'accord, le sujet est crucial. Et comme vous dites il y a de quoi faire avec de nombreuses approches différentes pour bien des musées. Merci en tout cas pour votre numéro fouillé et pointu sur ce point.
Il y a beaucoup a discuter / montrer sur ce(s) sujet(s). Le rapport avec la fiction aussi - ce que montrait aussi très bien Nicolas Nova dans ses publications.
Le capitalisme et le marché sont centraux dans les jugements sur ce qu'est un flop ou pas. J'espère pour ma part que l'on va devenir plus "buissonnier" et apprécier les choses / objets techniques autrement (loin des idéologies de Silicon Valley). Il y a beaucoup à faire.
Au plaisir de discuter avec vous IRL (nous sommes je pense de la même génération - mon premier ordi était un ZX81 ;-)
Hélas ce serait avec plaisir mais je ne suis que très rarement à Paris ; j’ai profité de l’occasion samedi pour voir cette expo. Je ne vous apprendrai hélas aussi rien de plus que ce qu’a écrit Nicolas Nova. J’ai 63 ans. Il y a très longtemps, mais c’était hier, alors journaliste sur les sujets des débuts techno/numériques sociétaux, j’ai eu entre autres à tester le Newton d’Apple (et estimé tôt que ce serait un joli flop, mais il ne fallait pas être extralucide pour s’en douter cela étant), ou eu à écrire sur la stratégie incompréhensible de Kodak que là encore sans être devin on regardait s’autodétruire avec application, ou autres sujets évoqués dans l’exposition - et j’ai donc constaté une fois de plus dans cette expo à cette occasion à quel point le temps file, que tout se muséifie en un éclair et que nos vies sont toujours plus cadencées par les évolutions techniques dans cette accélération à la Hartmut Rosa.